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Par Christian Charest | 30-08-2018

REER à 1 million $ - Deux choses

Utiliser un taux de rendement statique pour les projections de retraite s'accompagne de risques importants, mais participer au régime de pension de votre employeur revient à de l'argent gratuit.

Pour Morningstar ici Christian Charest.

La semaine dernière sur Morningstar.ca nous avons publié un article intitulé « Que faut-il faire pour avoir 1 million $ dans son REER? », un article qui a attiré pas mal d'attention. Le point essentiel en était qu'on n'a pas besoin de prendre des risques énormes ou sacrifier sa qualité de vie durant la phase d'accumulation pour en arriver à un million d'ici l'âge de la retraite, pourvu qu'on commence tôt.

L'exemple utilisé dans l'article démontrait qu'une personne qui dispose de 40 ans avant la retraite et anticipe un taux de rendement annuel de 6 % aurait besoin d'épargner environ 270 $ par chèque de paye semi-mensuel pour accumuler un million. Il y a deux éléments de l'article que j'aimerais développer un peu plus.

Premièrement, parlons du taux de rendement de 6 %. Bien que le chiffre lui-même soit une estimation raisonnable de ce à quoi on peut s'attendre au cours de 40 prochaines années, il y a deux aspects importants qui ne sont pas reflétés quand on regarde seulement une moyenne : la variabilité des rendements et la séquence des rendements. Comme il est indiqué dans l'article, votre portefeuille ne rapportera pas 6 % année après année si vous détenez surtout des actions ou des fonds d'actions. Certaines années vont être exceptionnellement bonnes avec des gains de 30 % ou plus, tandis que d'autres vont voir votre portefeuille perdre 10, 20, voire 30 % ou même plus, comme on l'a vu lors de la crise financière de 2008. L'amplitude de ces variations et la séquence dans laquelle elles se produisent peuvent aboutir à des résultats très différents au bout de 40 ans, même si le rendement moyen s'adonne bel et bien à être 6 %. C'est pour cette raison que mon collègue Paul Kaplan, directeur de la recherche à Morningstar Canada, recommande aux investisseurs d'envisager leur planification de retraite en termes d'éventail de résultats possibles, et des probabilités qui y sont associées, plutôt que d'utiliser un nombre statique. Il explique en détail comment y arriver dans un article lié sous le lecteur vidéo.

Le deuxième élément sur lequel je veux insister est l'importance de participer au régime de pension de votre employeur si c'est une option qui vous est offerte. Pour la plupart des employeurs qui offrent un régime à cotisations déterminées, il y a deux composantes à l'épargne : La cotisation de l'employé, et la cotisation de l'employeur. L'adhésion à un régime est généralement facultative au Canada, et pour une jeune personne en début de carrière, les bénéfices n'en sont pas nécessairement apparents. Mais pensez-y : la cotisation de votre employeur est en fait de l'argent gratuit. Jumelé à l'épargne forcée qui provient de vos propres cotisations au régime, tout ça rend la tâche d'épargner pour la retraite beaucoup plus facile, surtout si vous êtes dans la vingtaine avec un salaire relativement bas.

Par exemple, disons que votre salaire annuel est de 40 000 $ et que votre employeur offre une contrepartie jusqu'à 5 % de votre salaire. Sur un chèque de paye semi-mensuel cela représente une cotisation de 83 $ pour vous, et votre employeur cotise un autre 83 $. Puisque le prélèvement est fait à la source, l'absence de ces 83 $ ne vous posera probablement pas vraiment de problème, mais si on l'ajoute à la cotisation de votre employeur, on parle de 4 000 $ par année, et essentiellement un taux de rendement de 100 % dès le départ, en plus de ce que vous donne le marché boursier, ce qui n'est pas à dédaigner.

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